
Alveo3D : filtration et sécurité pour votre impression 3D
- lv3dblog1
- 7 juin
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 7 jours
Résumé : Alveo3D est une entreprise française spécialisée dans la filtration d'air pour imprimantes 3D, avec des filtres HEPA capturant plus de 99,95 % des nanoparticules.
Saviez-vous que les imprimantes 3D FDM peuvent émettre des concentrations de nanoparticules jusqu'à 100 fois supérieures aux valeurs atmosphériques normales, même en utilisant du PLA ? Ce constat, documenté par des mesures en laboratoire, place la question de la qualité de l'air au cœur des préoccupations de tout utilisateur régulier. Face à ce risque chronique encore sous-estimé, les solutions de filtration Alveo3D se sont imposées comme une référence en matière de sécurité pour la fabrication additive.
Fondée à Chambéry en 2018, cette start-up française conçoit des systèmes de filtration et des caissons de protection spécialement dédiés aux imprimantes 3D de bureau et professionnelles. Son catalogue couvre aussi bien les filtres compacts pour makers que les solutions industrielles d'extraction de fumées. Pour tous ceux qui cherchent à comprendre cette technologie et à sécuriser leur environnement d'impression, nous vous proposons un tour d'horizon complet de ce que propose alveo3d, de la science derrière ses produits, et des bonnes pratiques de protection.
Pourquoi la filtration est devenue indispensable en impression 3D
Les imprimantes 3D à dépôt de filament fondu chauffent des thermoplastiques à des températures élevées, un processus qui génère deux types de polluants distincts. Les composés organiques volatils (COV) sont des gaz potentiellement irritants, allergènes, voire cancérogènes pour certains. Les nanoparticules ultrafines, dont la taille varie de 10 à 100 nanomètres, peuvent pénétrer profondément dans les poumons et se loger dans les organes.
D'après les études scientifiques disponibles, le danger à traiter nécessitait d'employer des systèmes spécifiques de filtration d'air pour traiter ces deux types de polluants. Le risque est d'autant plus préoccupant que de nombreux utilisateurs impriment dans de petits espaces mal ventilés : bureaux, chambres, ou même placards.
Les imprimantes 3D peuvent être polluantes en raison des émissions de COV et de nanoparticules, en particulier avec certains filaments comme l'ABS, et ces émissions peuvent être nocives pour la santé, causant des problèmes neurologiques, cardiaques, ou même des cancers. Ce constat, relayé par de nombreuses publications spécialisées, a conduit à une prise de conscience progressive dans la communauté maker et professionnelle.
Le PLA, souvent perçu comme totalement inoffensif parce qu'il est biosourcé, n'est pas exempt de tout risque. Des mesures réalisées en conditions réelles ont révélé des concentrations de 15 000 à 60 000 nanoparticules par cm³ pendant l'impression PLA, contre environ 4 000 en air ambiant. Le PETG et l'ABS présentent des niveaux encore plus élevés.
Qui est Alveo3D et comment l'entreprise est-elle née ?
Alveo3D est une jeune entreprise française qui a développé un système de filtration de nanoparticules pour imprimantes 3D, avec pour objectif de réduire les émissions toxiques des machines. L'histoire de cette start-up est intimement liée à l'expérience personnelle de ses fondateurs.
Selon une interview publiée par Primante3D, les fondateurs ont entrepris de concevoir leur propre système de filtration artisanal en s'inspirant de ce que faisaient déjà certains makers, et à force d'améliorer le système, ils ont acquis une certaine expertise en filtration d'air, réalisant plus d'une centaine d'itérations de composés de filtres et de boîtiers.
Lucas Martini, cofondateur et ancien sapeur-pompier professionnel, a apporté à l'entreprise une sensibilité particulière aux questions de sécurité et de prévention. Cette culture du risque se retrouve dans chaque produit du catalogue, notamment dans le détecteur de fumée connecté capable de couper l'alimentation électrique en cas de problème.
L'équipe Alveo3D a participé pour la première fois au salon Formnext en 2025, le plus grand événement mondial dédié à l'impression 3D. L'entreprise revendique aujourd'hui plus de 2 000 clients répartis dans plus de 37 pays, ce qui témoigne d'un rayonnement international significatif pour une PME française.
Le filtre P3D : une technologie HEPA conçue pour la fabrication additive
Au cœur de l'offre se trouve le filtre P3D, une solution de filtration deux-en-un combinant un filtre HEPA 13 et du charbon actif. Ce n'est pas un filtre générique réadapté : il a été spécifiquement développé pour traiter les émissions polluantes des imprimantes 3D.
La filtration des nanoparticules est assurée par un filtre HEPA 13 conforme à la norme EN1822, conçu pour garantir un taux de 99,95 % d'efficacité d'épuration sur les particules à la taille la plus pénétrante (environ 300 nm), avec une efficacité testée et garantie sur les nanoparticules de 7 à 200 nm.
Dans le cas de l'impression 3D, l'usage d'un filtre H13 ou H14 ne garantit pas automatiquement l'efficacité sur les émissions de nanoparticules de 10 à 100 nm. C'est pourquoi les tests réalisés sur le P3D vont au-delà de la norme standard, en mesurant l'efficacité dans les plages de taille réellement émises par les imprimantes.
Le charbon actif est minutieusement sélectionné pour réduire les odeurs et traiter les COV avec une longue durée de vie de 600 heures. En usage quotidien avec de l'ABS, le remplacement est recommandé tous les trois mois ; en usage occasionnel, tous les six mois. Si vous cherchez à approfondir vos connaissances sur les différents filaments et leurs propriétés, nos ressources sur les matériaux d'impression vous accompagnent dans ce choix.
Gamme de produits : du kit maker à la solution industrielle
La gamme Alveo3D se structure autour de plusieurs familles de produits, chacune répondant à un besoin et à un niveau d'exigence différents.
Systèmes de filtration compacts
L'AlveoONE se fixe en façade du caisson et filtre l'air tout au long de l'impression par extraction. L'AlveoONE-R, quant à lui, recycle l'air à l'intérieur d'un caisson étanche. Ces deux systèmes utilisent le filtre P3D et sont disponibles en kit imprimable (fichiers STL en licence libre) ou en version assemblée.
Pour les utilisateurs d'imprimantes Bambu Lab, des kits de filtration télécommandés spécifiques existent pour les séries P1S, X1, X1C, H2, P2S et X2D, comme le détaille le portrait de l'entreprise publié par 3Dnatives.
Caissons de protection (PrinterCase)
Les caissons sont fabriqués en France à partir de profilés aluminium modulaires, garantissant rigidité, légèreté et esthétisme, et sont livrés en kit permettant l'intégration d'un système de filtration optimisé avec un débit d'air ajustable. Trois tailles standard sont proposées, avec la possibilité de réaliser des caissons sur mesure.
La température à l'intérieur du caisson est stabilisée grâce à l'atténuation des courants d'air et au renforcement de l'isolation, ce qui réduit sensiblement le warping et améliore l'adhésion au plateau ; le bruit est également diminué de 4 à 6 dB selon les modèles.
Solutions professionnelles et industrielles
L'AlveoPRO et les purificateurs FE150 et FE350 ciblent les environnements exigeants : laboratoires de R&D, centres techniques, fermes d'impression. Le FE350, par exemple, offre un débit d'air de 460 m³/h avec un système de filtration en trois étapes. Des filtres sur mesure peuvent également être conçus pour des applications spécifiques (découpe laser, CNC, usinage).
La sécurité incendie : un enjeu souvent négligé
Au-delà de la qualité de l'air, la sécurité incendie constitue un risque réel en impression 3D. Un court-circuit, une surchauffe de la buse ou un dysfonctionnement électrique peuvent déclencher un départ de feu, en particulier lors d'impressions longues laissées sans surveillance.
Alveo3D a intégré la sécurité incendie dans son approche : un détecteur de fumée connecté peut couper l'alimentation de la machine en cas de problème, minimisant ainsi les risques d'incident. Ce détecteur intelligent envoie un signal radio à une prise électrique dédiée, offrant une réponse automatique même en l'absence de l'opérateur.
Cette fonctionnalité est particulièrement pertinente pour les professionnels qui gèrent des parcs de plusieurs machines. Si vous utilisez une imprimante 3D dans un cadre professionnel ou éducatif, nous recommandons vivement d'intégrer ce type de dispositif dans votre installation. Notre accompagnement en formation et conseil en impression 3D vous aide justement à mettre en place les bonnes pratiques de sécurité.
Comment choisir la bonne solution Alveo3D pour votre usage ?
Le choix du système adapté dépend de plusieurs critères : le type d'imprimante, les matériaux utilisés, le volume d'impression et le niveau de ventilation de votre espace de travail.
Critère | AlveoONE (kit/assemblé) | PrinterCase | AlveoPRO / FE150-FE350 |
Usage type | Maker, hobbyiste | Bureau, FabLab | Industrie, R&D |
Filaments concernés | PLA, PETG, ABS | Tous filaments | Tous filaments + résine |
Filtration | HEPA 13 + charbon actif | HEPA 13 + charbon actif | HEPA 14 + charbon actif |
Détecteur incendie | En option | Intégrable | Intégré |
Budget indicatif HT | À partir de 67 € | À partir de 580 € | Sur devis |
Pour les utilisateurs débutants ou occasionnels imprimant principalement du PLA dans un espace ventilé, le kit AlveoONE constitue un point d'entrée accessible. Les utilisateurs réguliers travaillant avec de l'ABS, du PETG ou des filaments techniques gagneront à investir dans un caisson complet. Les professionnels et les établissements d'enseignement opteront pour les solutions PRO, qui offrent un contrôle électronique avancé et une conformité aux exigences de sécurité en milieu de travail.
Alveo3D et l'écosystème des fabricants d'imprimantes 3D
L'un des aspects distinctifs de cette entreprise réside dans sa capacité à travailler directement avec les fabricants d'imprimantes 3D. Plutôt que de proposer uniquement des accessoires après-vente, Alveo3D développe des solutions de filtration intégrées destinées à être montées en usine.
Parmi les études de cas publiques figurent des collaborations avec des acteurs reconnus du secteur. Des filtres et caissons sur mesure ont été conçus pour répondre aux spécifications de différents fabricants, permettant à ces derniers de proposer des machines conformes aux attentes croissantes en matière de sécurité sanitaire.
Cette stratégie B2B positionne Alveo3D non plus comme un simple fournisseur d'accessoires, mais comme un partenaire technologique de l'industrie de la fabrication additive. Pour les entreprises qui cherchent à optimiser leur production tout en respectant les normes de sécurité, cette approche représente un gain de temps et de fiabilité considérable.
Bonnes pratiques pour sécuriser votre environnement d'impression
Quel que soit le système de filtration choisi, certaines pratiques fondamentales permettent de réduire significativement votre exposition aux polluants.
Privilégiez un espace dédié et bien ventilé pour votre imprimante 3D. Évitez les chambres, cuisines et espaces de vie, surtout en présence d'enfants.
Utilisez un caisson fermé avec système de filtration actif, même pour le PLA. Les nanoparticules émises restent préoccupantes sur le long terme.
Adaptez la vitesse de ventilation au filament utilisé : 80 % lors de la phase de chauffe, puis 30 à 40 % pour l'ABS et 50 à 70 % pour le PLA et le PETG pendant l'impression.
Remplacez les filtres selon les préconisations du fabricant. La carte de contrôle V2 permet de suivre la durée de vie du filtre en temps réel.
Ne dormez jamais dans la même pièce qu'une imprimante en fonctionnement, en raison du double risque d'émissions et d'incendie.
Sur notre site, vous trouverez des guides pratiques et FAQ dédiés à l'impression 3D qui approfondissent chacun de ces points, avec des conseils adaptés à chaque niveau d'expérience.
En résumé, les solutions de filtration Alveo3D représentent aujourd'hui l'une des réponses les plus complètes et les mieux documentées aux risques sanitaires liés à l'impression 3D. De la start-up chambérienne fondée en 2018 à l'entreprise présente dans plus de 37 pays, le chemin parcouru témoigne d'un besoin réel et croissant de sécurisation dans la communauté maker et professionnelle. Avec des filtres testés sur les plages de nanoparticules réellement émises par les imprimantes et une approche globale intégrant filtration, isolation thermique et prévention incendie, cette gamme mérite l'attention de tout utilisateur soucieux de sa santé. Pour progresser dans vos pratiques et mieux protéger votre environnement d'impression, découvrez nos ressources spécialisées en impression 3D et bénéficiez d'un accompagnement expert.
Questions fréquemment posées
Le PLA nécessite-t-il vraiment un système de filtration ?
Oui. Bien que le PLA soit considéré comme le filament le plus sûr, il émet tout de même des nanoparticules en quantité significative pendant l'impression. Un système de filtration comme ceux proposés par Alveo3D réduit cette exposition, ce qui est particulièrement important en cas d'utilisation fréquente ou dans un espace confiné. Nos guides détaillés vous aident à adapter la protection à votre usage.
Peut-on installer un filtre Alveo3D sur n'importe quelle imprimante 3D ?
Les systèmes AlveoONE et AlveoONE-R sont conçus pour s'adapter à la majorité des caissons d'imprimantes 3D du marché. Des kits spécifiques existent pour les imprimantes Bambu Lab, et des solutions sur mesure peuvent être développées pour des configurations particulières, y compris les machines de grand volume ou les fermes d'impression.
À quelle fréquence faut-il remplacer le filtre P3D ?
La durée de vie du filtre est d'environ 600 heures d'utilisation. En usage quotidien avec de l'ABS, le remplacement est recommandé tous les trois mois. En usage occasionnel, tous les six mois. La carte de contrôle V2 permet de suivre précisément le nombre d'heures et de prévenir l'usure du filtre.



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