
Souder du filament 3D : techniques, outils et conseils pratiques
- lv3dblog1
- il y a 3 heures
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Résumé : Souder du filament 3D permet de relier des chutes ou des bobines différentes ; la jonction par friction à 8 000 tr/min offre la meilleure solidité mécanique.
Chaque utilisateur d'imprimante FDM connaît le problème : des fins de bobines inutilisables, un filament qui casse en pleine impression, des chutes multicolores qui finissent à la poubelle. Selon Fortune Business Insights, le marché mondial des filaments d'impression 3D est estimé à environ 2,88 milliards de dollars en 2026, et une partie de ce volume est perdue en déchets. La capacité à transformer des bouteilles en filament 3D ou à souder du filament 3D pour valoriser chaque centimètre de matière devient donc un enjeu concret.
Que vous soyez un maker soucieux de réduire vos coûts ou un professionnel cherchant à optimiser votre production, maîtriser la soudure de filament ouvre des possibilités créatives et économiques. Cet article détaille les méthodes éprouvées, les outils disponibles et les précautions à prendre pour réussir vos jonctions à chaque fois.
Pourquoi souder ses filaments d'impression 3D ?
Trois raisons principales poussent les utilisateurs à relier leurs filaments. La première est économique : entre 2024 et 2025, les prix des filaments ont chuté de 15 à 20 % selon un rapport de Mordor Intelligence, mais les chutes de fin de bobine représentent encore un gaspillage significatif. En soudant deux segments, vous récupérez de la matière autrement inutilisable.
La deuxième raison est pratique. Certaines machines permettent de changer sa bobine à mi-impression, mais il s'agit d'un problème récurrent souvent rencontré par les utilisateurs. Une jonction fiable entre deux filaments évite d'interrompre une impression longue et de risquer un défaut de couche.
La troisième raison est créative. En reliant des filaments de couleurs ou de matériaux différents, vous obtenez des dégradés multicolores sans avoir besoin d'une imprimante multi-extrudeurs. C'est une approche accessible pour personnaliser des objets décoratifs, des accessoires de cosplay ou des prototypes visuels.
La soudure par friction : la méthode la plus solide
Cette technique, appelée "welding" en anglais, consiste à utiliser un filament du matériau imprimé que l'on met en rotation à haute vitesse le long de la zone de soudure souhaitée. Une mini perceuse est l'outil idéal.
La rotation à haute vitesse provoque un échauffement du filament et de la zone à souder. Le filament mis en rotation au niveau du mandrin de la perceuse se dépose entre les deux pièces et permet ainsi une jonction. Cette technique fonctionne aussi bien pour assembler deux pièces imprimées que pour relier deux brins de filament avant impression.
La technique par friction est bien plus solide que le stylo 3D. La friction permet d'avoir une vraie pénétration et surtout une accroche du PLA en profondeur. Des retours d'utilisateurs sur le forum Usinages confirment que des jonctions réalisées à environ 8 000 tr/min sur du PLA 1,75 mm passent sans difficulté dans l'extrudeur.
Matériel nécessaire pour la soudure par friction
Une mini perceuse rotative (type Dremel ou Proxxon) avec mandrin adapté au diamètre 1,75 mm
Du filament de même matériau que les pièces à assembler
Une pince coupante pour ébarber la jonction
Un support de maintien (étau, serre-joint ou plaque de guidage)
Étapes clés de la soudure par friction
Coupez les deux extrémités du filament en biseau pour maximiser la surface de contact.
Fixez les deux brins bord à bord à l'aide d'un support stable.
Insérez un brin de filament identique dans le mandrin de la perceuse.
Réglez la vitesse entre 5 000 et 10 000 tr/min, puis appliquez le filament en rotation sur la zone de jonction.
Laissez refroidir 30 secondes, puis ébarbez le cordon avec une pince ou un cutter.
Vérifiez la solidité en pliant doucement la jonction ; elle ne doit pas rompre.
Les soudeurs de filament dédiés : pinces et connecteurs thermiques
Des appareils spécialisés existent pour simplifier la procédure de soudure de filament 3D. Ces outils chauffants fondent les deux extrémités et les fusionnent à l'intérieur d'une gaine de guidage.
Le principe de la pince soudeuse (type EasyWelder)
Le système Fuse se compose d'une pince et d'une résistance en son centre, qui permet de fondre les deux bouts et de les souder entre eux. La forme de la pince permet à chaque extrémité du filament de se joindre parfaitement l'une à l'autre, sans créer des imperfections ou des irrégularités qui pourraient faire que celui-ci passe mal dans l'extrudeur.
L'EasyWelder, conçu par l'entreprise bretonne I3D innovation, fonctionne sur un principe similaire avec une plaque de maintien métallique. Cette pince de soudage permet de relier les filaments pour recycler les chutes ou imprimer dans plusieurs couleurs. Selon les informations publiées par Primante3D en 2024, l'appareil soude un filament de 1,75 mm en 7 secondes environ, et un filament de 3 mm en 20 à 25 secondes.
Les connecteurs thermiques compacts
Des connecteurs USB compacts à écran LCD sont également disponibles. Ces appareils atteignent des températures réglables (de 150 °C à 240 °C) et fonctionnent avec des gaines PTFE pour guider les filaments pendant la fusion. Ils sont compatibles avec les filaments courants : PLA, ABS, PETG, TPU et nylon en diamètre 1,75 mm.
Leur principal avantage réside dans la polyvalence et la rapidité de mise en chauffe (environ 3 minutes pour atteindre 185 °C). En revanche, certains utilisateurs signalent qu'il est difficile de manipuler l'appareil seul : le guidage du filament nécessite souvent une seconde paire de mains.
La méthode du stylo 3D : simple mais limitée
Le stylo 3D représente l'option la plus accessible pour les débutants. À une trentaine d'euros, il permet de déposer du plastique fondu sur la jonction entre deux pièces ou deux filaments. Cependant, cette technique présente des limites importantes.
Le stylo ne fait que vaguement fondre en surface pour joindre sur un ou deux millimètres. La pénétration est faible et la résistance mécanique nettement inférieure à celle obtenue par friction. Cette méthode convient pour des assemblages décoratifs ou des réparations légères, mais elle est déconseillée pour des jonctions de filament destinées à passer dans un extrudeur.
Tableau comparatif des méthodes de soudure de filament
Méthode | Solidité | Coût indicatif | Difficulté | Matériaux compatibles |
Soudure par friction (perceuse) | Élevée | 30 à 80 € (mini perceuse) | Moyenne | PLA, ABS, PETG |
Pince soudeuse (EasyWelder, Fuse) | Bonne | 60 à 80 € | Faible | PLA, ABS, PETG, TPU, Nylon |
Connecteur thermique USB | Bonne | 20 à 50 € | Faible à moyenne | PLA, ABS, PETG, TPU, PA |
Stylo 3D | Faible | 20 à 40 € | Faible | PLA, ABS |
Accompagnement Make3DPrinting | Expertise complète | Conseil personnalisé | Guidé | Tous filaments |
Les précautions essentielles pour une jonction réussie
Réussir une soudure de filament ne se résume pas au choix de l'outil. Plusieurs facteurs conditionnent la qualité de la jonction et sa compatibilité avec votre imprimante.
Compatibilité des matériaux
Ne soudez jamais deux matériaux de nature très différente (par exemple du PLA avec du TPU). Les températures de fusion diffèrent et la jonction sera fragile. Le PLA s'extrude à basse température (170 à 200 °C) et son faible retrait le rend facile à calibrer. L'ABS nécessite une température d'extrusion plus élevée (220 à 260 °C). Souder du PLA avec de l'ABS produirait une jonction instable.
La coupe en biseau
Coupez toujours vos filaments en biseau (angle d'environ 30 à 45°) plutôt que perpendiculairement. Cette coupe augmente la surface de contact et améliore la fusion. Si vous utilisez un connecteur thermique, veillez à ce que les deux extrémités soient parfaitement alignées dans la gaine PTFE.
Le contrôle du diamètre
Après soudure, vérifiez que la jonction ne dépasse pas le diamètre nominal de 1,75 mm (ou 2,85 mm selon votre configuration). Un bourrelet même léger peut bloquer l'extrudeur ou provoquer une sous-extrusion. Ébarbez soigneusement avec une pince, puis testez le passage dans un morceau de tube PTFE avant de charger le filament dans votre imprimante.
Réduire les déchets : la soudure au service de l'économie circulaire
Le marché européen des filaments durables atteignait environ 12 000 tonnes en 2025 selon les estimations du secteur, soit près d'un quart du volume total de filaments vendus. La tendance à la réduction des déchets plastiques touche directement les utilisateurs d'imprimantes 3D. Souder ses chutes de filament s'inscrit dans cette logique, au même titre que recycler du plastique en filament 3D.
Stratasys a lancé en janvier 2026 une certification « Circular Materials » pour ses consommables FDM professionnels, avec reprise des supports solubles usagés. Cette initiative montre que l'industrie s'engage progressivement vers la traçabilité et l'économie circulaire dans le domaine de l'impression 3D.
Pour les makers et les petites structures, la soudure de filament est un geste simple qui complète d'autres pratiques vertueuses : le stockage correct des bobines, le choix de filaments certifiés et l'utilisation de matériaux recyclés. Si vous travaillez avec des filaments carbone pour impression 3D, la soudure par friction reste la méthode recommandée grâce à sa pénétration en profondeur.
Erreurs fréquentes et comment les éviter
Même avec le bon outil, certaines erreurs reviennent régulièrement chez les débutants. Voici les plus courantes et leurs solutions.
Surchauffe du filament : une température trop élevée dégrade le polymère et fragilise la jonction. Restez dans la plage recommandée pour le matériau (par exemple 190 °C pour le PLA).
Jonction trop épaisse : un excès de matière crée un bourrelet qui bloque l'extrudeur. Ébarbez systématiquement et testez le passage en tube PTFE.
Filament humide : un filament ayant absorbé de l'humidité produira des bulles lors de la soudure. Séchez vos filaments (4 heures à 50 °C pour le PLA) avant toute opération.
Alignement insuffisant : des filaments mal alignés produisent une jonction asymétrique. Utilisez toujours un support de guidage ou une plaque de maintien.
Pour approfondir vos compétences et bénéficier d'un accompagnement personnalisé, nos formations et conseils techniques chez Make3DPrinting vous aident à progresser sur l'ensemble de vos projets d'impression 3D.
La soudure de filament 3D est une compétence accessible qui transforme votre façon de gérer les consommables. Qu'il s'agisse de récupérer des chutes, de créer des effets multicolores ou d'enchaîner les bobines sans interruption, les méthodes présentées couvrent tous les besoins. La technique par friction offre la meilleure solidité, tandis que les connecteurs thermiques séduisent par leur simplicité. Dans tous les cas, la coupe en biseau, le contrôle du diamètre et le respect des températures de fusion restent les clés d'une jonction fiable. Pour aller plus loin dans la maîtrise de votre imprimante et le choix de vos matériaux, découvrez notre sélection d'imprimantes 3D et profitez de notre expertise technique.
Questions fréquentes
Peut-on souder du filament PETG aussi facilement que du PLA ?
Le PETG se soude correctement par friction ou avec un connecteur thermique, mais il exige une température légèrement plus élevée (environ 230 °C). Veillez à bien ébarber la jonction, car le PETG a tendance à produire du stringing. Chez Make3DPrinting, nous proposons des conseils adaptés à chaque matériau pour optimiser vos résultats.
La soudure de filament résiste-t-elle au passage dans l'extrudeur ?
Oui, à condition de respecter le diamètre nominal (1,75 mm ± 0,05 mm) après ébavurage. Les jonctions par friction ou par connecteur thermique passent sans problème dans la plupart des extrudeurs. Testez toujours dans un tube PTFE avant de charger.
Combien de temps faut-il pour souder deux filaments ?
Avec un connecteur thermique, comptez environ 3 minutes de chauffe puis quelques secondes pour la fusion. La soudure par friction est quasi instantanée une fois la perceuse en marche. Le refroidissement prend environ 30 secondes dans les deux cas.



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